L’église de Saint Amans de Mounis recèle encore bien des secrets…
A la recherche du temps perdu, un peu d’histoire…

Mounis est un toponyme attesté depuis 1199. En 1271, Saint Amans de Mounis existe en tant qu’église paroissiale. Dédiée au premier évêque de Rodez au Ve siècle, elle était située anciennement dans la commune de Saint-Gervais-Terre-Foraine. Avant, en 1827, d’intégrer celle de Castanet-le-Haut.

A la Révolution, l’église sera fermée et vendue comme bien national et
Louis Gairaud, propriétaire du Basset, la rachètera ainsi que le presbytère (la date de retour au culte n’est pas connue).
Peu de temps après, la vieille église menaçant ruine, dû fermer ses portes aux paroissiens. Un effort collectif permit la reconstruction de l’édifice. L’église romane primitive fut alors rebâtie et la taille de la nef agrandie avec un plan cruciforme et un chevet polygonal.

En
1819, la cloche a été fixée sur un joug en bois, à l’abri d’un clocheton.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, si ce n’était que lors des travaux réalisés en mars, consistant à la déposer afin d’effectuer le remplacement de la pièce porteuse, un texte est apparu, en relief, inscrit sur son pourtour. La preuve de ce que l’on ne sait pas toujours, qu’une cloche possède un nom, comme tout un chacun, et est, comme certains, baptisée, possédant un parrain et une marraine.


 

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Le texte en relief sur le pourtour…

SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUM SOUS L’INVOCATION DE SAINT AMANS.

J’AI ETE BAPTISEE EN L’AN 1819 PAR MONSIEUR BEL CURE DE ST GERVAIS.
EU POUR PARRAIN PHILEMON DE PALAUQUET MAIRE DU DIT LIEU SAINT GERVAIS.

ET POUR MARRAINE MADAME MARIE JEANNE DE FONTENAY NEE SALES.

MONSIEUR ROUARET ETANT CURE DE LA PRESENTE PAROISSE ET MARGUILLIERS

MESSIEURS LOUIS GAIRAUD DU BASSET NOËL BONNET DU FAU ET PONS D’AUBES

LABRE ET BEDOUIN FONDEURS

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SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUM SOUS L’INVOCATION DE SAINT AMANS : Que l’on peut traduire du latin par « Béni soit le nom sous l’invocation de Saint Amans ».

   
Monsieur Bel, curé de St Gervais : il s’agit de Jean Bel, un abbé réfractaire qui a dû s’enfuir à Lorette en Italie pendant la période de la révolution (à son retour, suite à un vœu, il fit construire Notre Dame de Lorette). N’oublions pas que jusqu’en 1827 Saint Amans de Mounis dépendait de la commune de St Gervais-Terre-Foraine, dont le maire (juge de paix), était Philémon de Palauquet.

   
Madame Marie Jeanne De Fontenay née Sales était l’épouse de Maître De Fontenay, avocat à Montpellier, propriétaires du Fau. Suite à de grosses dettes de jeux, le notable dû se résoudre à vendre sa propriété à un usurier, Emmanuel Laurens. Ce dernier ne la garda que le temps d’une nouvelle transaction.

   
Monsieur Rouaret curé de la présente paroisse : aucune trace de ce patronyme tel qu’il est transposé sur la cloche. Par contre on pourrait penser qu’il s’agit de Jean Rouanet alors le curé de St Amans (il semblerait, d’ailleurs, qu’il puisse avoir un lien de parenté avec Marie Jeanne Rouanet qui figure sur la généalogie de Louis Gairaud).

   Le curé était assisté des
Marguilliers, les membres du conseil de fabrique chargés de dresser des devis pour les réparations plus urgentes à faire à l’église. La fabrique, au sein d’une paroisse catholique, désigne un ensemble de « décideurs » (clercs et laïcs) nommés pour assurer la responsabilité de la collecte et l’administration des fonds et revenus nécessaires à la construction puis l’entretien des édifices religieux et du mobilier de la paroisse. Les revenus de la fabrique provenaient des quêtes, offrandes, dons en nature, loyers et fermages, legs mais aussi de la location des places de bancs dans l’église qui fournissaient un revenu régulier (bien souvent perçu annuellement à date fixe) pour la fabrique.

   Les Marguilliers cités sont :
Louis Gairaud propriétaire du Basset, Noël Bonnet alors propriétaire au Fau (quelques années plus tard, en 1856, il vendra sa propriété à Monsieur De Fontenay), et Pons d’Aubès (Albès aujourd’hui), certainement meunier, en référence au moulin de Pons à Albès, situé sur la commue de St Geniès de Varensal. Pour mémoire ce hameau dépendait de la paroisse de Saint Amans de Mounis.

   Enfin, malgré de nombreuses recherches approfondies, aucune référence n’a permis d’élucider la mention
Fabre et Bedouin fondeurs. Certainement, deux « maîtres-saintiers » tels que l’on dénommait les fabricants de cloches d’églises de l’époque.

Sources : Michel Bousquet, Wikipédia, archives départementales et diocésaines.



 

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Devant l’église de St Amans de Mounis en 1930.